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Accueil L'autisme Emission RFI du 02 février 2012
Emission RFI du 02 février 2012 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrateur   
Jeudi, 02 Février 2012 10:28

Autisme, grande cause nationale 2012 :
La France doit rattraper son retard
  par Anna Piekarec

De 400 000 à 600 000 personnes en France souffrent de l’autisme, ce grave trouble de la communication, du comportement et des relations sociales. Elles ont toutes besoin d’un suivi thérapeutique et éducatif adapté à chaque étape de la vie.

 

 

Malheureusement, seule une petite minorité des autistes bénéficie de soins et d’un accompagnement nécessaires. Nombreux sont ceux qui se retrouvent en hôpital psychiatrique ou qui doivent s’expatrier en Belgique, en Suisse ou au Canada pour trouver un centre adapté. En accordant à l’autisme le label de grande cause nationale pour l’année 2012, le gouvernement français souhaite sensibiliser le grand public à ce handicap et à la nécessité absolue de rattraper les retards. Des solutions existent. Des établissements de qualité peuvent aussi servir d’exemple…
Le nombre de personnes autistes en France est en augmentation. Les troubles autistiques sont aujourd’hui détectés chez 1 enfant sur 110, alors qu’ils ne touchaient qu’un enfant sur 2000, il y a une dizaine d’années. D’où vient cette explosion ? Peut-on parler d’une épidémie ?
 
Certains chercheurs parlent de facteurs environnementaux, d’autres de procréation à un âge avancé. Mais la plupart des spécialistes sont d’accord pour dire que l’augmentation du nombre de cas d’autisme est due à l’élargissement des critères de diagnostic. Cela veut dire que nous appelons « autistes » des personnes qui, précédemment, auraient reçu un autre diagnostic, par exemple celui d’attardés mentaux.
 
Dans ce grand reportage, est évoquée aussi la question du débat plus que passionné entre deux conceptions de la prise en charge de l’autisme. D’un côté, il y a les défenseurs de la thérapie psychanalytique et de l’autre, les adeptes des méthodes comportementalistes.
 
En effet, l’approche psychanalytique du traitement de l’autisme en France est aujourd’hui dénoncée par la plupart des associations représentant les autistes et leurs familles. L’autisme n’est pas une psychose, mais un handicap cognitif - disent-elles en citant les résultats des recherches scientifiques. Elles réclament donc l’accès à des programmes basés sur la rééducation et l’entraînement qui ont pour nom ABA et Teacch. Ces méthodes, largement développées dans les pays anglo-saxons et en Scandinavie, donnent des résultats souvent spectaculaires. Les enfants les plus sévèrement touchés deviennent beaucoup plus autonomes et commencent à parler. En France, ces techniques ne sont pas encore répandues, pendant que les intégristes de la psychanalyse crient au dressage et s’opposent à ce qu’ils considèrent comme une forme de « conditionnement ».
 
Récemment, ce débat s’est déplacé sur un terrain beaucoup plus politique… Le député UMP Daniel Fasquelle, président du groupe d’études sur l’autisme à l’Assemblée Nationale, a déposé une proposition de loi prônant l’abandon de toutes les pratiques psychanalytiques dans le traitement de l’autisme au profit des approches éducatives.
 
Il y a eu aussi un film documentaire qui a suscité énormément d’émotion. Pouvez-vous nous rappeler de quoi il s’agissait ?
Ce film de Sylvie Robert, intitulé « Le mur », est une critique impitoyable de la psychanalyse appliquée aux troubles autistiques. Trois des psychanalystes qu’il met en scène ont accusé la réalisatrice d’avoir dénaturé et ridiculisé leur propos. Ils ont saisi la justice et gagné le procès. Sylvie Robert doit donc retirer de son film les interventions des plaignants, ce qui revient de fait à interdire la diffusion du documentaire.
 
Il y a toutefois des points sur lesquels les psychanalystes et les tenants des méthodes éducatives sont d’accord. Les uns et les autres dénoncent la pénurie de places dans les établissements spécialisés pour enfants et adultes en difficulté, ainsi que le manque de moyens humains. En France, il n’y a pas assez de professionnels formés, pas assez d’auxiliaires de vie scolaire. Et une large méconnaissance de l’autisme est répandue chez les médecins généralistes et les pédiatres.

écouter le reportage à l'IME "Alternance" à Paris