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Sesame Autisme Rhône-Alpes

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Regards sur lautisme et les TED en 2010 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Annick Tabet   
Lundi, 27 Septembre 2010 01:47

Durant la matinée du 10 septembre 2010, Sésame Autisme Cher a proposé ce colloque aux familles et aux divers partenaires : professionnels de santé, représentants des autorités de contrôle, madame la directrice de la MDPH du Cher et ses collaborateurs, responsables associatifs.... Madame D Dupoirieux-Passagne, vice présidente de Sésame Autisme Cher a accueilli les invités et orateurs et présenté ce colloque. 

Madame D. Dupoirieux-Passagne, Monsieur Puydoyeux,
Monsieur Hervé Bonnin
Monsieur Puydoyeux, directeur de la Ferme des Vallées, ferme conservatoire du sud Charente (foyer de vie géré par l'association APEC) située à Montmoreau en Charentes, a présenté la démarche de cette ferme qui accueille 27 personnes dont certaines avec autisme.

Cette ferme a l'agrément d'un conservatoire de races domestiques animales en voie de disparition. Sans contraintes de productivité, elle offre à chaque résident la possibilité d'exercer une activité utile auprès des animaux, dans la production de fromages, de miel etc...

La ferme est aussi une ferme pédagogique : elle reçoit des groupes de scolaires dans le cadre de clases découverte.

Parmi les accompagnateurs, on note des professionnels du monde agricole dont le savoir-faire est indispensable à la préparation des animaux à des concours agricoles ce qui motivent beaucoup les résidents.

Monsieur Hervé Bonnin, directeur de La Pradelle, Etablissement géré par l'Association Sésame Autisme Languedoc, fondée en 1987 qui gère un complexe d'établissements dont un Foyer d'Accueil Médicalisé. Ce FAM compte 4 unités de 6 personnes, chaque unité ayant un projet particulier ; les résidents y mènent une vie de type familial grâce au petit nombre dans chaque unité. La moyenne d'âge des résidents est de 34 ans. Le propos de Monsieur Bonnin était le suivant :

La notion de travail pour des personnes qui vivent en FAM

Après avoir rappelé brièvement l'évolution de la notion de travail à travers les siècles, Mr Bonnin a souligné que pour beaucoup aujourd'hui le travail sert de vecteur à la "rencontre" avec l'autre. Dans le processus de tout travail se produit obligatoirement une rencontre qui va permettre à la personne de construire son identité, l'affirmation de soi, la prise de conscience de ses propres potentialités, son épanouissement.... Dans le projet d'établissement le travail est affirmé comme une valeur sociale, un échange social.

Les activités

Chaque résident doit participer à des activités de travail. 6 ateliers accueillent 4 personnes par atelier de 9h à 16h30, du lundi au vendredi avec une pause le mercredi. Un moniteur encadre chaque atelier et souvent le travail nécessite un encadrement 1 pour 1. Le ratio général est de 1,5. Le nombre d'atelier permet la diversité et la possibilité de changer d'atelier. Tout ce qui est répétitif est banni. Dans un lieu de travail, les résidents sont sollicités et accomplissent peu à peu des gestes de travail, chacun à son rythme. On valorise la notion de travail en équipe : le travail de chacun dépend du travail de l'autre. Les moniteurs d'ateliers ont des compétences diverses à la fois techniques et éducatives. Les personnels sont très motivés, mobilisés, et acceptent de permuter les divers accompagnements auprès des résidents.

Des réunions fréquentes permettent la mise en parole des actes des résidents (15 sont sans langage verbal). Une grande proximité, une bonne observation du moindre signe donné par les résidents permettent une réelle qualité de communication et une large écoute des résidents.

Le FAM est situé près des ateliers de l'ESAT géré par l'association ce qui permet une synergie positive. Une auberge avec restaurant, chambres d'hôtes et boutique gérée par l'ESAT fonctionne avec les produits issus de l'agriculture biologique produite à la fois par les personnes du FAM comme celles de l'ESAT. La production des personnes du FAM se trouve ainsi valorisée. Des passerelles sont possibles entre le FAM et l'ESAT. Cette souplesse favorise la stimulation des résidents. A Saumane, on fuit la routine, on s'interroge sans cesse pour être sûr que la personne accueillie tire des bénéfices de l'accompagnement qui lui est proposé.

L'environnement naturel sont les montagnes cévenoles, 20 hectares qui constituent un havre de paix où coule la rivière Gardon ...

Madame D. Dupoirieux-Passagne, Madame C. Barthélémy

Madame le professeur Catherine Barthélémy, Médecin pédiatre, psychiatre et physiologiste, est actuellement professeur, praticien hospitalier, chef du Service Universitaire d'Explorations Fonctionnelles et de Neurophysiologie en Pédopsychiatrie du CHRU de Tours et responsable de l'équipe n°1 "Autisme et troubles du développement (psychopathologie, physiopathologie et thérapeutique" de l'Unité Inserm 930 "Imagerie et cerveau"). Actuellement présidente de l'ARAPI, elle est responsable du Centre Ressource Autisme de la Région Centre.

L'autisme de l'enfance à l'âge adulte

L'enfant qui présente de l'autisme a quelque chose qui ne fonctionne pas normalement et cela se perçoit déjà entre 6 et 36 mois. Ce sont les mères qui s'en aperçoivent les premières. Cet isolement est "imposé" à l'enfant. On aidera les personnes avec autisme si on les aide à surmonter les" empêchements précoces" qui perturbent le départ de la communication.

Chez ces personnes, le cerveau est "réglé différemment" dés la naissance : les gènes du développement et du fonctionnement cérébral sont différents. L'enfant est "empêché" d'entrer en communication avec les autres. Mais souvent, il a des compétences très pointues dans certains domaines, ce qui est une source de désocialisation en l'isolant encore plus des autres. Ces "empêchements" peuvent être "congénitaux" souvent aggravés par d'autres pathologies comme l'épilepsie dont on ne se préoccupe pas encore assez ou des troubles sensoriels....

Pour chaque personne, une équipe pluridisciplinaire de professionnels doit s'engager sur un projet pour la personne, quel que soit son âge. Le projet personnalisé doit être cohérent, continu, flexible, et doit centrer l'action sur la communication sociale tout au long de la vie de la personne.

On sait que, grâce à la plasticité cérébrale, à chaque apprentissage s'enclenche un processus de mémoire biologique: un bourgeon de cellule cérébrale se forme et entre en action. Si les interventions sont précoces, dans la plupart des cas, on peut réduire le handicap.

Il n'existe pas de médicament contre l'autisme mais on peut aussi utiliser certains types de médicament avec efficacité : les antiépileptiques, les psychotropes, les anti-douleurs. Les familles sont les témoins, les aidants, les garants tout au long de la vie de la personne avec autisme. La synergie entre les familles et les professionnels est indispensable pour un bon accompagnement de la personne avec autisme.